“Un homme simple… avec deux gardes du corps”

LeMondeLogo“Marc Rich s’est rendu compte que le temps pressait pour donner sa version des faits après des décennies de silence. S’il reconnaît qu’ignorer les médias a été une erreur, il n’a jamais fait preuve du moindre remords lors de nos rencontres”, insiste le journaliste suisse Daniel Ammann, choisi comme confesseur par le trader.

Marc Roche, Le Monde (October 29, 2009)

Sans jamais l’avoir rencontré, Marc Rich connaissait les articles du chef de la rubrique économique de l’hebdomadaire helvétique Die Weltwoche, basé à Zurich. Après avoir donné son accord, il n’a exigé aucun contrôle éditorial sur le livre. Il lui a accordé plus de trente heures d’entretiens enregistrés sur magnétophone, a répondu à toutes les questions, sauf à celles relatives à ses divorces et aux pertes causées par la crise des crédits à risque ainsi que par son investissement dans un fonds de l’escroc Bernard Madoff. Ses avocats ne sont pratiquement pas intervenus.

L’ancien roi des hydrocarbures n’a craqué qu’à une seule occasion, lors de l’évocation de la mort de son deuxième enfant, atteint d’une leucémie. En raison du mandat d’arrêt américain, il n’avait pas pu se rendre à son chevet.

Daniel Ammann décrit un homme simple, toujours en costume strict bleu sombre, chemise blanche, cravate rouge. Il est charmeur et attentionné, mais aussi habile et retors. Prononcées d’une voix basse dans un anglais légèrement teinté d’accent allemand, ses réponses sont succinctes. Ce grand timide n’a cessé de vouvoyer son interlocuteur. Quand celui-ci lui demande s’il a été un homme chanceux, Marc Rich lui répond: “Parfois.”

Philanthropie

De sa première femme, Denise, épousée en 1966, Marc Rich a eu trois filles. Après son divorce très médiatisé en 1996, il s’est marié avec sa maîtresse allemande, Gisela Rossi, union dissoute en 2005.

Aujourd’hui, le milliardaire vit avec Dolorès ” Lola ” Ruiz, la petite-fille de la Pasionaria, égérie communiste de la guerre d’Espagne (1936-1939). Craignant toujours pour sa sécurité malgré l’amnistie clintonienne, Marc Rich ne se déplace qu’avec deux gardes du corps qui lui servent également de chauffeur et de majordome, et vit entre la Suisse et l’Espagne.

“Il est indéniable que la richesse est synonyme d’indépendance et de vie confortable, mais grâce à elle je peux aider les moins bien lotis par mes fondations caritatives”: Marc Rich est un généreux supporteur des associations juives de par le monde, en particulier en Israël, aux Etats-Unis, en Belgique et en Espagne. Basée à Tel-Aviv, son association philanthropique est présidée par l’ami de toujours, Avner Azulay, ancien officier du Mossad.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/10/28/un-homme-simple-avec-deux-gardes-du-corps_1259699_3234.html

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